Le Paradoxe de l’Echec : pourquoi tomber est la condition pour réussir.
L’échec est la règle, réussir l’exception.
Des efforts importants peuvent être investis dans un projet, une entreprise, une préparation sportive, sans que le résultat espéré n’arrive. Le chiffre d’affaires visé n’est pas là. Le chrono ne tombe pas. La ligne d’arrivée reste hors de portée.
Cette non atteinte du résultat visé a un nom : l’échec. Et il peut décourager, faire douter, parfois faire renoncer au projet lui-même.
Comprendre ce que l’échec construit réellement et pourquoi il est indissociable de tout grand projet, permet de continuer à avancer, avec ou sans le résultat espéré.
Qu’est-ce que l’échec, au juste ?
Le dictionnaire est clair : l’échec est le résultat négatif d’une tentative, d’une entreprise. C’est la non-atteinte d’un objectif chiffré, un chiffre d’affaires, un excédent brut d’exploitation, un chrono, une ligne d’arrivée franchie, un podium.
Son contraire est donc la réussite, c’est à dire l’atteinte de ce chiffre, et non la victoire qui est d’une dimension bien supérieure.
Réussite et échec sont les deux faces d’une même médaille, celle que l’on obtient en agissant, en entreprenant. L’une ne va jamais sans l’autre. « L’échec est la mère de la réussite », la formule est ancienne, mais elle continue de se vérifier à chaque nouvelle tentative.
Pourquoi les petits projets réussissent et les grands rêves échouent
Un projet modeste a de fortes chances d’aboutir, c’est un moyen de nous protéger.
En revanche un rêve grand, un rêve qui fait peur tant il semble hors d’atteinte et vertigineux, produira, lui, des échecs à coup sûr. C’est mathématique : plus la barre est haute, plus les difficultés seront importantes et la marge d’erreur sera grande.
Il faut alors se poser une question simple pour savoir si un rêve mérite d’être poursuivi : fait-il peur ? Paraît-il presque impossible ? Si la réponse est oui, c’est probablement le bon rêve, s’il est Vital ©.
Rêver petit, à l’inverse, n’a rien d’une sagesse. C’est un système de protection contre l’échec, contre le jugement des autres, contre celui de nos égaux. Un entrepreneur qui rabote son ambition pour ne pas risquer de se planter, une personne qui hésite à monter son entreprise et se rabat sur un projet sans relief, un compétiteur qui vise un classement confortable plutôt qu’un titre : dans les trois cas, le mécanisme est le même. On se protège mais surtout on perd son temps.
Rêver grand ne veut pas dire foncer sans méthode. Le rêve, le grand projet, doit être découpé en objectifs atteignables et mesurables, ce que l’on appelle des objectifs SMART. C’est cette décomposition qui rend le rêve vivable au quotidien, étape après étape, sans jamais le rabougrir.
Ce que l’échec développe : courage, humilité, abnégation
L’échec n’est pas une punition. C’est une expérience qui oblige. Il faut du courage, de l’humilité et de l’abnégation pour se relever après un échec et ce rebond se fait seul, sans personne pour le faire à notre place.
Ces vertus (courage, humilité, abnégation) sont précisément celles qui permettent de réussir ensuite. La chercheuse Carol Dweck l’a démontré avec ses travaux sur le growth mindset, cet état d’esprit qui consiste à voir l’échec comme un point de départ plutôt qu’un verdict : les élèves placés en situation d’échec répété, puis accompagnés pour en tirer des enseignements, progressent davantage que ceux qu’on protège de toute difficulté.
Chez Google, l’échec fait partie du modèle économique : plus de cent soixante-dix projets ont été abandonnés pour quelques succès majeurs. L’échec y est considéré comme le prix à payer pour continuer à innover.
En 2023, j’ai remporté mes derniers championnats de France, alors même que je traversais une saison blanche sur le circuit, marquée par une rupture du talon d’Achille et de grandes difficultés personnelles et professionnelles. Mon club, Lyon Épée Métropole, m’avait remis un trophée créé spécialement pour l’occasion : le Talon d’Or. Il rappelait une chose simple : une blessure, un échec, peut devenir une force.
Le jeu, pas l’enjeu : vivre l’échec sans s’y perdre
Il existe pourtant pire que l’échec : le regret de ne pas avoir osé. En finale du Challenge Mondial de Paris 2023, mon adversaire et moi sommes arrivés à égalité, chacun trop prudent pour tenter la touche décisive. La règle de non-combativité a tranché en sa faveur. J’étais persuadé d’avoir à ce moment-là l’avantage au classement, je me trompais.
Ce jour-là, ne pas oser ne m’a rien épargné. La défaite a été amer du fait de n’avoir rien osé. Tenter de prendre le risque de cette dernière touche aurait été que gagnant. De son côté mon adversaire a eu le sentiment d’une victoire sans éclat. Ne pas oser est finalement toujours un pari perdant.
Steve Jobs, dans son discours à Stanford en 2005, racontait comment le fait de se savoir mortel l’aidait à prendre ses décisions : face à cette perspective, la peur de l’échec et du ridicule perdait de son poids, et il ne restait que l’essentiel. Se souvenir que le temps est compté, le fameux memento mori, remet l’enjeu à sa juste place. Le jeu, lui, reste réel. C’est l’enjeu qui est une illusion.
La vraie victoire : au-delà de la réussite et de l’échec
Réussite et échec sont relatifs, chiffrés, souvent hors de notre seul contrôle. La victoire, la vraie, se joue ailleurs.
Comme vous l’avez compris, elle ne se mesure ni au nombre de médailles, ni au montant sur un compte en banque, ni à la quantité de possessions accumulées. Elle se mesure à l’adéquation entre le rêve que l’on porte, ce que l’on aspire à être, et la manière dont on le vit, dont on agit chaque jour pour le réaliser, même sans jamais l’atteindre complètement.
En effet le chemin parcouru pour aller vers ce rêve vous transforme. Il rend plus fort, plus grand, et plus soi-même ; que le chiffre final soit au rendez-vous ou non. Vous en sortirez grandi et meilleur.
En pratique
Osez le rêve qui vous fait peur. Découpez-le en objectifs mesurables pour ne pas vous y perdre. Et acceptez, en avançant, de traverser des échecs : vous en sortirez avec des vertus qu’aucune réussite facile ne vous aurait données.
Un article complémentaire sur la mise en place de routines quotidiennes permet d’aller plus loin sur la manière de tenir ce cap dans la durée. La méthode VITAL, développée dans LA VICTOIRE EN NOUS (disponible en librairie), détaille comment structurer un rêve pour qu’il reste vivifiant, indépendant, transportant, authentique et ludique, car la victoire est déjà en vous !